Le 9 novembre 2005
Des substances chimiques toxiques polluent l'organisme des Canadiennes et des Canadiens
Le rapport d'une étude innovatrice, « Une nation toxique », révèle la présence de pollution dans l'organisme de citoyens canadiens de diverses régions du Canada
Ottawa (Ontario) – Un cocktail de substances chimiques néfastes a été détecté chez chacun des volontaires d'une étude pancanadienne, nous apprend aujourd'hui un rapport rendu public par Défense environnementale. Deux des volontaires résident en Colombie-Britannique, un en Alberta, un au Manitoba, trois en Ontario, trois au Québec et un dans la région de Terre-Neuve et du Labrador.
Cette étude , nouvelle en son genre, Une nation toxique : rapport sur la pollution chez les Canadiens , nous apprend que les Canadiennes et les Canadiens sont contaminés par des substances chimiques toxiques, tels le DDT, les BPC, les produits anti-taches, les produits ignifuges, le mercure et le plomb. Bon nombre des substances chimiques détectées dans l'organisme des volontaires de l'étude sont associées au cancer, au dérèglement des hormones, ainsi qu'aux troubles de la fécondité, et sont en outre néfastes pour le développement des enfants.
Cette étude est la première au Canada à vérifier la présence d'une vaste gamme de substances chimiques chez les Canadiens moyens de toutes les régions du pays. Elle démontre bien que de telles substances toxiques contaminent les gens, quels que soient leur lieu de résidence, leur âge ou leur profession.
« Si vous marchez, parlez et respirer, vous êtes contaminés, a déclaré Dr. Rick Smith, directeur exécutif de Défense environnementale. Les Canadiennes et les Canadiens sont exposés quotidiennement, de toutes sortes de façons insidieuses, à des substances chimiques toxiques. Que sommes-nous, sinon les cobayes d'une expérience chimique incontrôlée à grande échelle, dont les seules conclusions possibles sont la maladie et la mort. »
Cette étude, Une nation toxique : rapport sur la pollution chez les Canadiens , a prélevé des échantillons de sang et d'urine chez 11 volontaires, de Salt Spring Island (Colombie-Britannique) à St. John's (Terre-Neuve et Labrador). Défense environnementale, en collaboration avec deux laboratoires qualifiés, l'un au Québec et l'autre au Texas, voulait vérifier la présence éventuelle de 88 substances chimiques. Les laboratoires ont détecté 60 de ces 88 substances (68 %), dont 53 substances chimiques néfastes pour le développement des enfants et capables de causer des troubles de la fécondité; 41 substances chimiques associées au cancer; 27 substances chimiques dont on sait qu'elles ont pour effet de rompre l'équilibre hormonal et 21 substances chimiques associées à des troubles respiratoires. En moyenne, 44 substances chimiques ont été détectées chez chacun des volontaires.
«Jaime à penser que je suis une personne en santé. Bien sûr, les résultats de mes tests mont perturbée. Personne ne veut apprendre que son sang contient des métaux lourds, du PBC ou d'autres agents toxiques», déclare Nycole Turmel, présidente nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada , à Ottawa . «Les résultats de mes tests m'ont souligné l'importance de renforcer la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Nous avons besoin d'une loi sur les polluants qui a du mordant, une loi exhaustive et applicable. Nous avons besoin d'une loi qui tiendra les pollueurs responsables et qui contribuera à l'assainissement de l'environnement.» L'étude a permis de détecter 51 produits chimiques chez Nycole Turmel.
« Les résultats de mes tests m'ont beaucoup inquiété, a déclaré David Masty, chef de la Première nation Whapmagoostui (Grande-Baleine), dans le Nord du Québec. Les polluants se déplacent dans l'atmosphère, ça ne fait pas de doute, et nous, dans le Nord, sommes inquiets pour nos terres, notre eau et notre air. Tout ça est néfaste pour la faune dont notre mode de vie dépend. D'autres pays ont pris des mesures pour réduire ou éliminer certains polluants; pourquoi ne Canada n'en ferait-il pas autant! » L'étude a permis de détecter 51 produits chimiques chez David Masty.
Le chef Masty avait le plus haut taux de mercure et de polluants organiques persistants, tels les BPC et les pesticides organochlorés. Les résultats de l'étude viennent corroborer le fait que de nombreuses substances chimiques tendent à s'accumuler dans le Nord, en dépit de la distance des sources stationnaires de pollution industrielle.
Les taux de certaines substances chimiques détectées chez les volontaires portent à croire qu'une réglementation efficace interdisant les substances les plus toxiques peut, avec le temps, se traduire par une diminution de la pollution chez l'être humain. Les volontaires les plus âgés de l'étude avaient des taux de BPC (biphényles polychlorés) plus élevés – interdits au Canada en 1977 – que les volontaires plus jeunes.
« C'était très important pour moi de participer à cette étude, a dit l'artiste et naturaliste Robert Bateman, contacté chez lui à Salt Spring Island. J'étais, bien sûr, curieux de savoir à quel point je pouvais être contaminé personnellement, mais ce qui est encore plus important, c'est que toute la population prenne conscience de la situation. L'étude a permis de détecter 48 produits chimiques chez Robert Bateman.
Une nation toxique : rapport sur la pollution chez les Canadiens demande au gouvernement fédéral de faire en sorte que les Canadiens soient protégés contre les substances chimiques toxiques au même titre que les Européens et les Américains, qui sont tous deux beaucoup plus avancés que le Canada en matière de réglementation des produits chimiques dangereux.
Dans le cadre de l'examen quinquennal de la loi canadienne en matière de pollution – Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) –, Défense environnementale demande au gouvernement fédéral de prendre les mesure suivantes :
- éliminer quasi-complètement l'utilisation des substances chimiques toxiques, en commençant par les plus dangereuses : les produits ignifuges bromés (PBDÉ), les produits chimiques perfluorés et leur précurseurs (SPFO), et les phthalates (produits chimiques utilisés pour rendre les plastiques souples);
- rendre l'industrie responsable de ses produits chimiques;
- réglementer, par le biais de la LCPE, les substances chimiques utilisées dans la fabrication des produits de consommation; et
- ajouter à la LCPE un acticle spécial portant exclusivement sur la réduction de la pollution dans le bassin des Grands Lacs.
Chaque personne peut également limiter son exposition aux substances chimiques toxiques en s'engageant à prendre quelques mesures simples indiquées sur le site Web de l'étude – www.unenationtoxique.ca. On y explique cinq changements mineurs qui, apportés à la vie quotidienne, permettront de limiter la quantité de substances chimiques avec lesquelles nous entrons en contact. Tous les volontaires de l'étude Une nation toxique ont pris un engagement en ce sens.
« Notre rapport démontre clairement l'urgence — le gouvernement fédéral doit agir maintenant pour rompre le cycle de contamination chez l'être humain, a déclaré Dr. Smith. Voici la question que le ministre de l'Environnement fédéral doit se poser : à partir de quand pourrons-nous, en tant que société, mettre au monde des enfants dont l'organisme ne recèlera aucune trace de toxines? »
Le rapport de l'étude Une nation toxique : rapport sur la pollution chez les Canadiens , ainsi que les résultats des tests des volontaires ayant participé à l'étude peuvent être consultés sur le site Web d' Une nation toxique , au www.unenationtoxique.ca. www.toxicnation.ca .
Défense environnementale : Défense environnementale protège l'environnement et la santé. Nous faisons de la recherche. Nous sensibilisons. Nous allons devant les tribunaux lorsque cela est nécessaire. Nous le faisons pour de l'air propre, des aliments sains et des écosystèmes vivants. D'un bout à l'autre du pays.
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Pour plus de renseignements ou pour organiser une entrevue avec les volontaires de l'étude Une nation toxique , veuillez communiquer avec :
Jennifer Foulds, Défense environnementale, (416) 323-9521 poste : 232; (647) 280-9521 (cell.)
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